L'IA agentique n'est pas
un projet informatique
C'est une transformation organisationnelle qui demande clarté stratégique, rigueur de gouvernance et capacité d'industrialisation. Voici ce que j'observe depuis 23 ans dans l'assurance — et ce que j'en fais.
Pourquoi 80% des projets IA n'aboutissent pas
J'ai passé 23 ans dans des DSI d'assureurs et de mutuelles — Groupama, Macif Finance Épargne, IMA. J'ai piloté des équipes, porté des projets de transformation, et observé de l'intérieur ce qui fonctionne et ce qui échoue.
Depuis que j'accompagne des organisations dans leur déploiement IA, je retrouve les mêmes blocages partout. Ils ne sont pas techniques.
Le syndrome du POC permanent
On démontre, on impressionne, et on recommence avec un autre sujet. La question « comment on industrialise ? » est repoussée jusqu'à ce que le budget soit épuisé et l'enthousiasme retombé.
La donnée, toujours la donnée
L'IA ne peut pas être meilleure que les données qu'on lui fournit. Dans l'assurance, les données sont souvent éparpillées, mal structurées, vieilles. Sans travail sur la donnée, l'agent IA sera médiocre.
L'organisation pas prête
Déployer un agent IA sans avoir formé les équipes, sans gouvernance, sans sponsor COMEX est la garantie d'un rejet. La technologie est rarement le problème — l'adoption l'est presque toujours.
La peur qui paralyse
RGPD, LCB-FT, Solvabilité II, AI Act... Dans l'assurance, le réflexe est souvent de ne rien faire plutôt que de risquer une non-conformité. Pourtant, l'inaction est elle aussi un risque.
Ce en quoi je crois profondément
L'agentique est la prochaine vague de valeur
Les chatbots et la génération de texte ne sont que la surface visible de l'IA. La vraie valeur est dans les agents qui agissent : qui déclenchent un workflow, instruisent un dossier, surveillent une anomalie, génèrent un rapport réglementaire. C'est là que l'assurance peut prendre un avantage concurrentiel durable.
Claude est la plateforme la plus sérieuse pour l'entreprise
J'ai évalué les principales plateformes IA. Claude (Anthropic) se distingue par sa rigueur de conception (Constitutional AI), son écosystème complet (Claude Code, MCP, SDK d'agents) et sa politique de sécurité adaptée aux données sensibles. C'est aujourd'hui ma recommandation principale pour les assureurs.
La gouvernance doit précéder le déploiement
Je refuse de déployer des agents sans avoir posé les fondations : politique d'usage, classification des données, supervision humaine, documentation AI Act. Ce n'est pas de la bureaucratie — c'est ce qui rend le déploiement durable et industrialisable. Et dans l'assurance, c'est aussi une obligation.
La formation est le levier le plus rapide
Avant même de déployer un agent, former les équipes change la perception, réduit les peurs infondées et fait émerger les meilleurs cas d'usage. J'ai vu des organisations transformer leur relation à l'IA en une seule journée de formation bien conçue.
Un interlocuteur unique, du début à la fin
Je ne vends pas des préconisations que d'autres mettent en œuvre. J'accompagne de la stratégie au premier agent en production — et si je n'ai pas les compétences pour une partie du projet, je le dis clairement plutôt que de sous-traiter sans transparence.
Du côté client pendant 23 ans
C'est ce qui me différencie de la plupart des consultants IA : j'ai été de l'autre côté. J'ai piloté des DSI d'assureur, managé jusqu'à 60 personnes, porté des projets de transformation face aux mêmes contraintes réglementaires, budgétaires et organisationnelles que mes clients d'aujourd'hui.
J'enseigne au CNAM, au CESI et à l'Ifpass parce que je crois que la pédagogie est une compétence clé pour l'adoption. J'ai écrit deux livres aux Éditions ENI parce que vulgariser sans simplifier est l'exercice le plus utile que je puisse faire pour le secteur.
Je suis basé à Niort, capitale des mutuelles françaises. Ce n'est pas un hasard.